Saturday, August 2, 2008

Jeudi, c'est ceviche

Dure journée au labo. Victor, focalisé sur son projet secret, ne quitte pas l'ordinateur. Les filles sont admiratives ("il travaille dur"), un peu jalouses ("il travaille trop") et très protectrices ("il faut que tu le laisses se reposer"). Je propose à Victor de lui apporter des sandwiches. Il répond d'accord, mais il faut que ce soit des sandwiches super bons. Comme on pas ça sur le campus, je rentre déjeuner à la maison (la bonne excuse pour finir le gratin dauphinois !) et je lui fais des sandwiches aux petits oignons. Enfin, gruyère-poire-mayonnaise et kiri-tomate-jambon à l'os. Et j'apporte le reste du Key Lime pie pour tout le monde. On n'entend plus personne se plaindre. 
Le soir, dîner de fruits de mer : ceviche diverses (de poisson, de crevettes, de coquilles Saint-Jacques) et huîtres dans un boui-boui mexicain, au bout des pistes de l'aéroport. Le quartier est pourri, mais les mariscos délicieux. C'est une découverte de Richard et Guélia, nos copains, qui d'ailleurs nous accompagnent. (Richard est un historien/philosophe, spécialiste de l'histoire de la cuisine. Il est prof à l'école des Hautes Etudes Economiques et Sociales, en ce moment en congé sabbatique à LA. Guélia est une journaliste qui était responsable des éditions en Russe de ELLE). 

Après, les garçons de tous âges ont bien envie d'une glaçe... On va au Coldstone de Venice beach, au pied du pier de Venice, où nous ne sommes pas allés depuis au moins 10 ans. Coldstone, c'est une institution à LA, autant qu'il puisse y en avoir ! C'est une chaîne de marchands de glaces qui est devenue un must depuis quelques années. Ils mélangent, devant toi et sur une planche (froide) en granite, la ou les glaces que tu choisis avec toutes les cochonneries que tu veux mettre dedans. Voici un exemple avec glace fraise et cheesecake, avec marshmallows et gummy bears.... Toujours dans l'esprit éducation culturelle de Victor bien-sûr (c'est pas lui qui a mangé ça, je vous rassure tout de même). Dommage qu'il fasse le même froid de canard que l'autre fois, on ne traîne guère sur le pier.

Du coup, on a encore le temps pour un petit film après. "La dernière séance" ("the last picture show") de Peter Bogdanovich, un classique de la culture américaine que je n'avais jamais vu. La dernière année de lycée et l'apprentissage de la vie dans un trou paumé du Texas dans les années 50. Superbe noir et blanc, avec une brochette d'acteurs géniale : Jeff Bridges dans son premier rôle ; Cybil Shepherd en Lolita garce à souhait, filmée par Bogdanovich clairement amoureux ; Ellen Burstyn ; Cloris Leachman (une bombe qui joue toujours à plus de 80 ans, et qui a gagné un Oscar pour ce rôle à contre-emploi de quadra tristoune, mariée à un prof de gym qui s'intéresse plus à ses élèves (mâles) qu'à elle, et qui essaye de revivre un peu en jouant les Mrs Robinson avec un petit jeune). Plein de thèmes éternels - l'ennui et l'ardeur sexuelle des jeunes et des femmes pré-ménopause, la bêtise et la méchanceté ordinaires, les jeunes paumés qui partent à la guerre (de Corée) pour essayer de trouver une raison de vivre. C'est magnifique.

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